Quand Rolex s'associe à Labubu : analyse d'une collaboration qui redéfinit le luxe horloger
- mathis24m
- 19 janv.
- 6 min de lecture

On pensait avoir tout vu dans l'horlogerie de luxe. Les éditions limitées avec des maisons de couture, les partenariats avec des pilotes de F1, les collaborations avec des explorateurs des profonds. Et puis Rolex débarque avec Labubu, cette petite créature rose aux dents de lapin qui fait craquer l'Asie depuis des années.
Première réaction : "Sérieusement ?"
Deuxième réaction : "Attendez, c'est brillant."
Parce que cette association, aussi improbable qu'elle puisse paraître, nous dit quelque chose de fondamental sur l'évolution du luxe moderne. Et croyez-nous, chez Morin 24, on observe ce genre de mouvements avec une attention particulière. Pas pour les copier, mais pour comprendre où va notre industrie.
Le luxe n'a plus peur de la culture pop
Il y a encore dix ans, une maison comme Rolex n'aurait jamais imaginé s'associer à un personnage de designer toy. Le luxe traditionnel se tenait à distance de tout ce qui pouvait ressembler à de la "culture jeune" ou à du merchandising. Cette époque est révolue.
Labubu, c'est l'enfant terrible de Pop Mart, cette entreprise chinoise qui a transformé les figurines de collection en phénomène mondial. Des files d'attente devant les boutiques, des reventes à prix d'or sur les plateformes secondaires, une communauté hyper-engagée. Un écosystème qui ressemble étrangement à celui de l'horlogerie de luxe, justement.
La différence ? Labubu touche une génération qui n'a pas grandi avec les codes traditionnels du luxe. Une génération qui valorise l'authenticité, l'expression personnelle et l'histoire derrière l'objet plus que le prestige pur. Exactement le public que toutes les marques horlogères premium tentent de séduire.
En s'associant à Labubu, Rolex ne fait pas juste un coup marketing. La marque reconnaît que le luxe de demain se construit aussi sur ces nouvelles références culturelles.
Une stratégie de désirabilité multi-générationnelle
Regardons les chiffres. Pop Mart a généré plus de 680 millions de dollars de revenus en 2022. Labubu représente une part significative de ce succès, notamment en Asie du Sud-Est où la créature est devenue un véritable symbole culturel.
Ce n'est pas un marché de niche. C'est un phénomène qui touche des millions de collectionneurs, principalement âgés de 18 à 35 ans, avec un pouvoir d'achat en constante progression. Précisément la tranche d'âge que Rolex vise pour assurer sa pérennité.
L'horlogerie traditionnelle fait face à un défi : comment rester désirable auprès d'une génération qui valorise l'expérience et l'identité plus que le statut social ? Comment parler à des gens qui investissent dans des sneakers limitées, des NFT ou des figurines de collection avec la même passion que leurs parents mettaient dans l'achat d'une montre de prestige ?
Cette collaboration répond à cette question. Elle crée un pont entre deux univers qui semblaient incompatibles, et prouve qu'on peut être sérieux sans se prendre au sérieux.
L'édition limitée comme nouveau langage du luxe
Si vous suivez l'actualité horlogère, vous savez que les éditions limitées sont devenues le terrain de jeu préféré des marques. Pas seulement pour créer de la rareté, mais pour raconter des histoires, tester des concepts, surprendre.
Rolex x Labubu s'inscrit dans cette logique, mais va plus loin. La marque ne propose pas simplement une montre avec un logo Labubu gravé au dos. L'ensemble de l'expérience est pensé pour fusionner les deux univers : packaging collector, design qui intègre subtilement les codes de la créature, accessoires exclusifs.
C'est exactement le type d'approche qui fonctionne aujourd'hui. Les acheteurs de montres premium ne cherchent plus seulement un garde-temps précis. Ils veulent une histoire à raconter, un objet qui reflète leur personnalité, quelque chose qui se distingue de la masse.
Chez Morin 24, on applique cette philosophie depuis le début. Chacune de nos montres est pensée comme une pièce unique, avec une identité forte et une histoire à partager. Parce qu'une montre, aujourd'hui, c'est bien plus qu'un outil qui donne l'heure.
Quand l'horlogerie suisse rencontre la créativité asiatique
Cette collaboration marque aussi un basculement géographique dans l'industrie du luxe. L'Asie n'est plus seulement un marché de consommation, c'est devenu une source d'inspiration culturelle majeure.
Labubu vient de Thaïlande, créé par le designer Kasing Lung. Pop Mart est chinois. Le succès de cette créature s'est construit sur TikTok, Instagram et les réseaux sociaux asiatiques avant de conquérir l'Occident. C'est l'inverse du schéma traditionnel où le luxe européen rayonnait vers l'Asie.
Pour Rolex, s'associer à Labubu, c'est reconnaître cette nouvelle réalité. C'est accepter que la désirabilité se construit aussi depuis Shanghai, Bangkok ou Séoul. Que les codes du luxe évoluent, et que les marques qui réussiront demain seront celles qui sauront intégrer ces influences multiples.
Cette ouverture culturelle, on la valorise profondément. L'horlogerie ne peut plus se contenter de reproduire des recettes qui fonctionnaient il y a cinquante ans. Elle doit évoluer, s'inspirer, oser.
Le pari de l'authenticité dans un monde saturé
Il y a quelque chose de rafraîchissant dans cette association. À une époque où toutes les marques de luxe se ressemblent, où les collaborations semblent calibrées au millimètre par des départements marketing, Rolex x Labubu détonne par son côté inattendu.
C'est risqué. Certains puristes vont lever les yeux au ciel. D'autres vont crier au sacrilège. Mais c'est précisément ce risque qui rend la démarche intéressante.
Parce que l'authenticité, aujourd'hui, ça passe aussi par la capacité à surprendre. À sortir de sa zone de confort. À prendre des décisions qui ne plaisent pas à tout le monde mais qui créent de la conversation, de l'émotion, du débat.
Les marques horlogères qui marchent en 2025 ne sont pas celles qui jouent la sécurité. Ce sont celles qui osent, qui testent, qui acceptent de se tromper parfois. Celles qui comprennent que leur audience attend d'elles plus qu'une simple reproduction des codes établis.
Ce que cette collaboration nous enseigne sur le luxe moderne
Première leçon : le luxe ne s'oppose plus à la culture populaire, il la digère et la transforme. Les frontières entre haute horlogerie et street culture, entre tradition et modernité, deviennent poreuses.
Deuxième leçon : la valeur d'une montre ne réside plus uniquement dans ses complications techniques ou son héritage historique. Elle se construit aussi sur sa capacité à créer de l'émotion, de la connexion, de l'identification.
Troisième leçon : les collaborations improbables fonctionnent quand elles sont sincères. Pas quand elles sont opportunistes. Rolex ne fait pas semblant de devenir une marque streetwear. Labubu ne prétend pas à la haute horlogerie. Les deux restent fidèles à leur ADN tout en créant quelque chose de nouveau.
Cette approche résonne particulièrement avec notre vision chez Morin 24. Nous ne cherchons pas à imiter les géants de l'industrie. Nous construisons notre propre identité, en restant fidèles à nos valeurs tout en embrassant la modernité.
L'impact sur le marché de l'horlogerie premium
Cette collaboration va créer des précédents. D'autres marques vont suivre, certaines avec succès, d'autres avec moins de finesse. Le marché de l'horlogerie premium va continuer à se diversifier, à explorer de nouveaux territoires créatifs.
Pour les consommateurs, c'est une excellente nouvelle. Plus de choix, plus de personnalité, plus d'histoires différentes à raconter. Les montres deviennent des objets d'expression personnelle encore plus forts.
Pour les marques établies comme pour les nouveaux acteurs, c'est un défi. Comment se distinguer dans un environnement qui devient de plus en plus saturé ? Comment rester pertinent auprès d'une audience qui change rapidement ?
La réponse passe par l'authenticité, la qualité et la capacité à proposer quelque chose de différent. Pas différent pour le plaisir d'être différent, mais différent parce qu'on a une vraie vision, une vraie histoire à partager.
Pourquoi cette tendance va s'amplifier
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Le marché global des designer toys devrait atteindre 2,8 milliards de dollars d'ici 2028. Les collectionneurs de montres de luxe sont de plus en plus jeunes. Les deux communautés partagent des valeurs communes : recherche de rareté, passion pour l'objet bien conçu, importance de la communauté.
Cette convergence n'est pas un hasard. Elle reflète une transformation profonde dans la façon dont les nouvelles générations consomment le luxe. Moins de rigidité, plus de créativité. Moins de codes imposés, plus de liberté d'expression.
Les marques horlogères qui comprendront cette évolution seront celles qui prospéreront. Celles qui resteront figées dans une vision du luxe datée du XXe siècle risquent de perdre progressivement en pertinence.
Nous assistons à une redéfinition du luxe horloger. Rolex x Labubu n'est qu'un symptôme de cette transformation. Un symptôme visible, surprenant, qui fait parler. Mais derrière cette collaboration se cache une vérité plus profonde : l'horlogerie de demain se construira sur la capacité à créer du lien, de l'émotion et de l'authenticité. Les marques qui sauront raconter leur histoire avec sincérité, qui oseront sortir des sentiers battus tout en restant fidèles à leurs valeurs, seront celles qui traverseront le temps. Exactement comme les montres qu'elles créent.




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