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Rolex Cellini : la montre que personne ne veut acheter (et pourtant)

Photographie de luxe d'une montre Rolex Cellini en or rose avec un cadran blanc, posée sur une plaque de marbre gris et un tissu en velours bleu profond. La montre présente un bracelet en cuir noir brillant, des détails ultra-précis et de fines gouttes d'eau sur le verre, offrant un rendu professionnel et élégant.

On va parler d'un truc bizarre aujourd'hui.


Une collection Rolex qui existe depuis des décennies, qui porte le nom d'un des plus grands artistes de la Renaissance, qui affiche un design élégant et raffiné... et que personne ne veut acheter.


Je parle évidemment de la Rolex Cellini.


Si vous êtes un tant soit peu dans l'univers horloger, vous savez déjà de quoi je parle. Cette collection, c'est un peu le cousin discret de la famille Rolex. Pendant que la Submariner, la Daytona ou la GMT-Master II volent la vedette et se revendent au double de leur prix, la Cellini reste sagement sur les étagères des détaillants agréés.


Et franchement, ça nous fascine.


Parce que dans un monde où tout le monde court après les mêmes modèles, où la spéculation horlogère atteint des sommets ridicules, la Cellini représente quelque chose de différent. Quelque chose qui mérite qu'on s'y attarde.



Pourquoi Rolex a créé la Cellini (et ce que ça dit sur la marque)


Pour comprendre la Cellini, il faut revenir aux origines de Rolex.

La marque suisse qu'on connaît aujourd'hui comme le symbole ultime du statut social n'a pas toujours été cette machine à vendre des montres sports. À ses débuts, Rolex était surtout reconnue pour ses montres habillées, élégantes, destinées à une clientèle fortunée qui cherchait la précision avant tout.


La Cellini est née de cette tradition.


Lancée dans les années 1960, elle porte le nom de Benvenuto Cellini, sculpteur et orfèvre italien du XVIe siècle, symbole de l'excellence artisanale. Le message était clair : cette collection devait incarner le summum de l'élégance classique, loin des codes sportifs qui allaient définir Rolex dans les décennies suivantes.


Contrairement aux autres modèles de la couronne, la Cellini n'a jamais été pensée pour la plongée, l'aviation ou l'exploration. Pas de couronne vissée, pas de lunette tournante, pas de certification chronomètre COSC (du moins pas systématiquement sur tous les modèles historiques).


Juste une montre pure, simple, conçue pour être portée avec un costume trois-pièces.

Le problème, c'est que le monde a changé. Et Rolex avec lui.



L'époque où les montres habillées régnaient


Il fut un temps où porter une montre ronde, fine, avec un cadran épuré était la norme. Les années 1950 à 1980 ont vu l'apogée des montres de ville : Patek Philippe Calatrava, Jaeger-LeCoultre Master Ultra Thin, Omega De Ville...


La Cellini s'inscrivait parfaitement dans cette tendance. Elle était la réponse de Rolex à ces garde-temps discrets et raffinés, pensés pour accompagner les moments formels de la vie.

Mais quelque chose s'est passé dans les années 1990-2000.


Le casual a explosé. Le costume-cravate a progressivement laissé place au jean-baskets, même dans les environnements professionnels. Et avec cette transformation vestimentaire est venue une transformation horlogère : les montres sports sont devenues acceptables, puis désirables, puis indispensables.


Aujourd'hui, on porte une Submariner avec un t-shirt blanc. On associe une Royal Oak à un hoodie de luxe. Les codes ont explosé.


Et la Cellini, elle, est restée figée dans son élégance classique. Une élégance que beaucoup trouvent... dépassée.



Pourquoi la Cellini ne se vend pas (les vraies raisons)


Soyons honnêtes : si vous entrez dans une boutique Rolex aujourd'hui, vous n'allez pas demander une Cellini.


Vous allez demander une Daytona. Ou une Submariner. Ou une GMT-Master II.

Et si par miracle on vous propose une Cellini disponible immédiatement, vous allez probablement refuser. Pourquoi ? Plusieurs raisons.


Le design ne fait pas rêver

La Cellini est belle. Vraiment belle. Mais elle n'a pas ce "truc" qui fait qu'on a envie de la porter tous les jours. Son design est classique, peut-être trop classique pour notre époque. Quand on investit plusieurs milliers d'euros dans une Rolex, on veut un objet qui affirme quelque chose, qui raconte une histoire, qui se remarque.


La Cellini, elle, passe inaperçue. Et dans un monde où l'horlogerie est devenue un marqueur social, passer inaperçu n'est pas une option.


Le mouvement n'est pas le même

Voilà un détail technique que peu de gens connaissent : la Cellini n'utilise pas les mêmes mouvements que les autres Rolex. Pendant longtemps, elle a été équipée de calibres à remontage manuel, alors que toute la gamme Oyster repose sur des mouvements automatiques ultra-fiables.


Aujourd'hui, la Cellini moderne embarque un mouvement automatique maison, mais sans la certification Superlatif Chronomètre que Rolex met en avant partout ailleurs. Ce petit détail change tout dans la perception de valeur.


La revente est catastrophique

On ne va pas se mentir : beaucoup de gens achètent une Rolex en pensant déjà à la revendre. C'est malheureux, mais c'est la réalité.


Et sur le marché de l'occasion, la Cellini est un désastre. Elle perd entre 30% et 50% de sa valeur dès la sortie de la boutique, là où une Submariner ou une Daytona prennent de la valeur immédiatement.


Pour un acheteur qui voit sa montre comme un investissement, la Cellini est un mauvais calcul.



Ce que la Cellini dit sur notre rapport au luxe


Mais voilà où ça devient intéressant.


La Cellini ne se vend pas... et pourtant, elle continue d'exister. Rolex n'a jamais vraiment arrêté cette collection, même si elle l'a laissée de côté pendant quelques années avant de la relancer en 2014.


Pourquoi maintenir une gamme qui ne rapporte rien, qui n'intéresse personne, qui plombe les statistiques de vente ?


Parce que la Cellini représente quelque chose d'important pour Rolex : la légitimité horlogère pure.


Dans un monde où la marque est devenue synonyme de bling-bling, de rappeurs américains et de spéculation délirante, la Cellini rappelle que Rolex sait aussi faire de la haute horlogerie traditionnelle. Elle prouve que la couronne n'est pas qu'une usine à montres sports indestructibles.


C'est un exercice de style. Une déclaration d'intention. Un pied de nez discret à tous ceux qui réduisent Rolex à ses modèles iconiques.

Et franchement, on trouve ça assez classe.



Les modèles Cellini qui méritent l'attention


Si vous êtes curieux et que vous voulez explorer cette collection méprisée, voici les modèles qui sortent du lot.


La Cellini Time

C'est le modèle le plus simple de la gamme. Trois aiguilles, pas de complications, un cadran épuré disponible en plusieurs finitions. Diamètre de 39 mm, boîtier en or blanc, jaune ou Everose.


C'est probablement la plus polyvalente des Cellini, celle qui se rapproche le plus d'une montre de ville traditionnelle sans fioritures.


La Cellini Date

Même esprit, mais avec un guichet de date à 3 heures. Rien de révolutionnaire, mais l'exécution est impeccable. Le cadran offre une lisibilité parfaite, et le boîtier de 39 mm reste confortable au poignet.


La Cellini Dual Time

Voilà le modèle le plus intéressant de la collection. Il affiche deux fuseaux horaires sur le même cadran, avec un sous-cadran à 6 heures pour le second fuseau et un indicateur jour/nuit.


C'est la Cellini qui a le plus de personnalité, celle qui justifie vraiment son prix en apportant une vraie utilité au quotidien.


La Cellini Moonphase

Le modèle le plus complexe et le plus cher. Elle affiche les phases de lune avec une précision qui ne nécessite qu'un ajustement tous les 122 ans. Le cadran est magnifique, avec un disque émaillé bleu représentant la lune.


C'est la Cellini qui flirte le plus avec la haute horlogerie traditionnelle. Et aussi celle qui se vend le moins.



Faut-il acheter une Rolex Cellini en 2025 ?


La vraie question, celle que vous vous posez probablement.

Notre réponse : ça dépend de ce que vous cherchez.


Si vous voulez une Rolex pour impressionner vos collègues, pour montrer que vous avez réussi, pour avoir quelque chose que tout le monde reconnaît instantanément... alors non, la Cellini n'est pas pour vous. Allez plutôt voir du côté d'une Datejust ou d'une Submariner.

Si vous cherchez un investissement horloger qui va prendre de la valeur avec le temps... encore une fois, la Cellini n'est pas la bonne option. Vous allez perdre de l'argent dès la sortie de la boutique.


Mais si vous cherchez une montre élégante, discrète, bien fabriquée, qui se porte avec un costume sans faire le show-off... alors là, oui, la Cellini mérite votre attention.


Elle représente quelque chose de rare aujourd'hui : une Rolex accessible. Pas accessible financièrement (on parle quand même de 15 000 à 30 000 euros selon les modèles), mais accessible dans le sens où vous pouvez réellement l'acheter sans passer par un dealer ou attendre trois ans sur liste.


Et ça, c'est déjà beaucoup.



Ce qu'on en pense chez Morin 24


On observe cette situation avec un mélange de fascination et de perplexité.


D'un côté, on comprend parfaitement pourquoi la Cellini ne marche pas. Le marché a changé, les attentes ont évolué, et Rolex elle-même a contribué à créer ce monstre de hype autour de ses modèles sports.


De l'autre, on trouve dommage que l'élégance classique soit devenue si peu désirable. Qu'une belle montre ronde en or, avec un cadran épuré et des proportions parfaites, ne trouve plus preneur simplement parce qu'elle n'est pas assez tape-à-l'œil.


Chez Morin 24, on croit encore aux montres qui traversent le temps sans faire de bruit. Aux pièces qui s'assument dans leur discrétion, qui misent sur la qualité d'exécution plutôt que sur le logo visible à trois mètres.


La Cellini incarne cette philosophie, même si elle échoue à la vendre.

Et peut-être que dans dix ans, quand le marché sera saturé de Submariner et de Daytona portées par tout le monde, certains commenceront à redécouvrir le charme d'une montre habillée bien faite.


Peut-être que la Cellini aura alors son moment.


Ou peut-être pas.


En attendant, elle reste là, discrète, élégante, un peu oubliée. Exactement comme elle a toujours été.

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